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Dans les suites d'une intervention
chirurgicale, deux types de complications peuvent survenir :
- Celles qui sont en relations
immédiates avec le geste opératoire : ce sont les complications
chirurgicales
- Celles qui sont indirectement
liées à l'acte opératoire : ce sont les complications
générales
Nous allons les traiter successivement
pour les deux techniques : ciel ouvert et clioscopie
| Les complications
à ciel ouvert |
- Les complications
chirurgicales
Les pertes sanguines
et le risque de transfusion :
La prostatectomie était considérée, il y a quelques
années, comme une intervention hémorragique avec un risque
élevé de transfusion
Les progrès techniques récents ont permis de contrôler
efficacement le saignement opératoire abaissant ce risque transfusionnel
aux alentours de 3 à 10 %
C'est en fait le saignement post-opératoire qui est le plus souvent
responsable des pertes sanguines significatives. Ce saignement, négligeable
à la fin de l'intervention, peut de façon imprévisible
être un peu plus important dans les heures qui suivent.
Il se produit une accumulation de sang dans la zone opérée
que le drain ne peut évacuer complètement : on appelle
cela un hématome.
Si cet hématome est important, au point d'être douloureux,
on peut être exceptionnellement amené à ré-opérer
pour l'évacuer. Le plus souvent, il ne s'accompagne d'aucune
douleur et c'est la prise de sang de contrôle vers le deuxième
ou troisième jour qui montre une baisse du taux des globules
rouges et de l'hémoglobine et laisse supposer qu'un hématome
a dû se produire. Il va se résorber tout seul spontanément.
Si le chiffre est assez bas, il faut alors avoir recours à une
transfusion de sang
Les patients qui ont eu une préservation nerveuse sont un peu
plus exposés à ce risque car l'électrocoagulation*
des petits vaisseaux sanguins, faite en fin d'intervention, est ici
interdite car elle détruirait dans le même temps les rameaux
nerveux.
Les complications pendant
l'intervention :
elles sont exceptionnelles : il s'agit de blessures involontaires d'organes
de voisinage qui sont immédiatement réparées par
le chirurgien : citons par exemple : la plaie du rectum ou de l'uretère.
l'Hématome
et l'abcès de la cicatrice :
- Parfois il peut survenir
un saignement sous la peau qui entraîne secondairement une
accumulation de sang. Cet hématome va se traduire par un
gonflement plus ou moins important de la cicatrice. Il faut alors
retirer quelques fils ou quelques agrafes pour permettre l'écoulement
de sang noirâtre. Tout rentre ensuite dans l'ordre, en quelques
jours avec quelques soins infirmiers.
- L'abcès de la
cicatrice ressemble à l'hématome. C'est une infection
qui survient quelques jours après l'opération et qui
entraîne une formation de pus sous la peau. Il existe une
cicatrice gonflée avec de la fièvre. Le traitement
est le même que l'hématome : il faut retirer quelques
points et le pus s'évacue instantanément. Cela nécessite
ensuite quelques soins infirmiers car la cicatrisation cutanée
est un peu plus longue.
Les Anomalies de la
suture entre la vessie et l'urètre
Elles sont rares
Le défaut d'étanchéité de la suture peut
s'accompagner d'une fuite d'urine qui sera évacuée par
le drain. Le traitement est simple, il faut laisser la sonde urinaire
en place suffisamment longtemps pour permettre la cicatrisation. Le
délai du sondage est variable selon l'importance de la fuite
d'urine : de une à trois semaines. Parfois, il peut se produire
une complication rarissime : la fistule urétro-rectale, c'est
une communication entre l'urètre et le rectum. elle peut survenir
chez les patients qui ont eu une plaie rectale pendant l'intervention.
Les deux sutures : urètre et vessie et celle du rectum se sont
accolées anormalement créant ensuite une communication
entre les deux organes. Il faut alors remettre la sonde en place pendant
plusieurs semaines, voire réopérer.
Le rétrécissement de la suture est constaté quelques
semaines après l'intervention. Il se traduit par une baisse progressive
du jet urinaire. Le traitement nécessite une dilatation sous
anesthésie locale qui peut être renouvelée plusieurs
fois.
La Lymphocèle
:
Cette complication peut survenir lorsqu'un curage ganglionnaire a été
réalisé. Les petits vaisseaux lymphatiques* qui ont été
coupés véhiculent de la lymphe* qui se déverse
dans la plaie opératoire après l'opération. Cette
situation est tout à fait comparable à l'hématome,
le sang étant ici remplacé par la lymphe.
Lorsque l'accumulation de lymphe est importante (c'est la lymphocèle),
il faut simplement la ponctionner avec une fine aiguille.
Le défaut de
cicatrisation des muscles abdominaux : l'éventration
Cette complication survient chez 1 à 2 % des patients.
Elle est souvent expliquée par une reprise trop rapide de l'activité
ou la mise en tension des muscles abdominaux de façon violente
sur une cicatrice fragile.
Si on prend soin de bien attendre un mois après l'intervention
avant de reprendre une activité physique normale et au moins
deux mois pour le sport on évitera cette complication.
Il peut être alors nécessaire de réopérer
pour reconstruire une paroi abdominale solide.
- Les complications générales
L'infection urinaire
:
Cette complication ne s'accompagne le plus souvent d'aucun symptôme
Parfois il peut y avoir quelques brûlures en urinant ou de façon
plus rare de la fièvre. L'analyse d'urine faite systématiquement
en cours d'hospitalisation confirmera le diagnostic.
Un traitement antibiotique est alors prescrit pendant plusieurs jours.
La phlébite
:
Ce risque est constant pour toutes les interventions chirurgicales,
c'est la raison pour laquelle il est réalisé systématiquement
un traitement préventif par HEPARINE, qui nécessitera
une piqûre quotidienne pendant l'hospitalisation mais également
lors de votre retour à domicile pendant huit à dix jours.
L'embolie pulmonaire
:
Elle survient après une phlébite, souvent inaperçue,
malgré le traitement de prévention par HEPARINE. Son évolution
est le plus souvent favorable, mais parfois il peut s'agir, de façon
exceptionnelle, d'un accident brutal et massif pouvant conduire au décès.
Les complications cardiaques
:
Elles sont tout aussi exceptionnelles que l'embolie pulmonaire, elles
témoignent très souvent d'une maladie cardiaque ancienne.
Le but de la consultation d'anesthésie est de dépister
ces patients fragiles et contre-indiquer l'intervention.
| Les comlications
de la prostatectomie coelioscopique |
Toutes celles qui ont été décrites pour la chirurgie
à ciel ouvert peuvent se retrouver également dans ce chapitre.
Nous insisterons uniquement sur ce qui est plus spécifique à
la clioscopie.
Les complications
chirurgicales
- Les complications pendant
l'intervention
- Les blessures d'un
organe lors de la mise en place des trocarts :
Ce risque existe mais il est très rare. En fait il s'agit
le plus souvent d'une petite artère musculaire qui a été
blessée, sa ligature arrête le saignement immédiatement
- Les blessures d'un
organe lors de l'opération :
Ce risque est plus fréquent qu'à ciel ouvert en
raison de la difficulté de dissection. La réparation
de l'organe peut être faite sous clioscopie mais le
geste est toujours délicat, certains chirurgiens préféreront
" convertir ", c'est-à-dire opérer classiquement
par une ouverture pour réparer l'organe sans prendre de
risque.
- Les anomalie de la
suture entre la vessie et l'urêtre :
Elles sont incontestablement plus fréquentes sous clioscopie
La suture entre la vessie et l'urètre étant techniquement
beaucoup plus difficile à réaliser.
De même les fistules urétro-rectales ne sont plus tout
aussi exceptionnelles qu'à ciel ouvert.
Les complications générales
- L'embolie gazeuse :
Cet accident est très rare et peut survenir dans toute intervention
coelioscopique. Elle est due à la blessure involontaire d'une
veine de gros calibre. Le gaz utilisé pour gonfler l'abdomen
s'introduit dans la veine et gagne les poumons. Le pronostic dépend
bien entendu de la quantité de gaz qui a migré. L'évolution
est heureusement favorable le plus souvent.
- Les complications
dues aux durées d'interventions très longues :
Les accidents qui ont été publiés sont variés.
Nous citerons le plus important : l'insuffisance rénale aiguë
:
Lorsque l'anesthésie est trop longue, les muscles trop longtemps
inactifs libèrent des produits toxiques qui passent dans le
sang et détériorent les reins pouvant nécessiter
le passage en réanimation.
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