La section de l'urètre doit se faire en théorie au ras de la glande prostatique pour conserver au maximum le sphincter distal.

En réalité ce n'est pas aussi simple, car la limite entre la prostate et le sphincter n'est jamais franche. Dans certains cas :

  • la prostate se développe dans le sphincter et c'est au moment où l'urètre est sectionné que l'on constate en fait qu'il existe encore du tissu prostatique.
  • cela impose de reprendre la coupe en descendant quelques millimètres plus bas car ce fragment prostatique, même minime, peut être infiltré par des cellules tumorales.


Le sphincter distal peut donc être plus ou moins fragilisé en fonction de l'anatomie de chacun. Cette diminution de sa force (ou tonus) ne lui permet plus de fermer complètement le canal de l'urètre, il perd son étanchéité, et laisse des petites quantités d'urine s'écouler.
  • Il peut donc y avoir des fuites d'urines qui surviennent au cours des augmentations de pression de la vessie, et notamment lors des efforts: la toux, l'éternuement, les changements de positions. Cela peut durer de quelques semaines à quelques mois, le temps que le muscle reprenne son tonus suffisant. Une rééducation bien suivie, encadrée par un Kinésithérapeute, est alors indispensable.
  • L'importance de ces fuites est extrêmement variable selon les personnes. Pour beaucoup, il n'y a aucune fuite ou que quelques gouttes incontrôlées ; pour d'autres, elles nécessitent le port de plusieurs garnitures quotidiennes. Dans près de 85 % des cas, la rééducation bien conduite permettra de les faire disparaître le plus souvent dans les trois mois qui suivent l'intervention, chez certains, elles se poursuivront plus longtemps, de six mois à un an mais en diminuant constamment avec le temps. 5 à 10 % des patients porteront ultérieurement un protège-slip de sécurité en raison de quelques gouttes d'urine incontrôlées et dans 5 à 10 % des cas il persistera de façon définitive des petites fuites lors des efforts importants ou à la fatigue en fin de journée. Ces fuites nécessitent le port d'une ou plusieurs garnitures. Nous verrons plus loin le traitement que l'on peut proposer à ces patients.

La Prostatectomie Radicale présente un risque d'incontinence à l'effort qui régresse totalement dans 90 à 95 % des cas.