| Il existe deux façons
différentes de réaliser la prostatectomie radicale :
- La Prostatectomie
Radicale Rétro-Pubienne est l'intervention de référence
(ou le standard). elle est réalisée en faisant une incision,
c'est l'opération dite "à ciel ouvert" (car
on fait une ouverture pour opérer)
- La Prostatectomie Coelioscopique
est en cours d'évaluation, le chirurgien opère alors
avec une caméra en faisant de très petites incisions.
Nous allons décrire
respectivement ces deux techniques en soulignant les avantages et les
inconvénients de chacune :
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LA PROSTATECTOMIE
RADICALE RETRO-PUBIENNE |
- Le chirurgien réalise
une incision assez basse, verticale, médiane, entre le pubis
et le nombril ou transversale au dessus du pubis, cette dernière
est plus esthétique mais ne peut être réalisée
que chez les patients n'ayant pas d'excès de poids, sinon le
chirurgien ne sera pas assez à l'aise pour opérer.
- Le premier temps opératoire
consistera dans certains cas à prélever les ganglions
prostatiques notamment lorsque le P.S.A. est supérieur à
10 ng car l'atteinte de ces ganglions, qui est actuellement devenue
rare, modifiera le protocole du traitement.
- La prostate est ensuite
libérée sur ses deux faces latérales des parois
du bassin. Le geste opératoire se poursuit ensuite par la section
de l'urètre qui doit se faire au niveau du sphincter, et à
quelques millimètres de l'extrémité prostatique.
La glande, avec le premier sphincter, va ensuite être retirée
en totalité avec les vésicules séminales selon
deux techniques différentes suivant que l'on conserve ou non
les nerfs de l'érection. L'orifice
vésical est ensuite recousu (suturé)
directement à l'urètre, entouré circulairement
par le muscle sphinctérien.
- Pour faciliter le passage
de l'urine une
sonde vésicale sera introduite dans la verge.
Cette sonde sera conservée quelques jours. La durée
de ce sondage est très variable, elle dépend beaucoup
des habitudes de chaque chirurgien. Enfin pour éviter un hématome,
c'est-à-dire une accumulation de sang dans la zone opérée
: un
petit drain aspiratif (tuyau) est laissé en
place, il ressort directement à travers la peau. Il est retiré
très simplement par l'infirmière vers le deuxième
ou troisième jour, parfois plus. Les muscles et la peau sont
ensuite refermés. La durée de l'intervention est variable
aux alentours de deux heures et parfois beaucoup plus.
| LA PROSTATECTOMIE
PAR VOIE COELIOSCOPIQUE : |
- Pour réaliser cette
technique le chirurgien doit d'abord gonfler l'abdomen avec du gaz
(le dioxyde de carbone), il peut alors positionner quatre ou cinq
trocarts à l'intérieur desquels seront introduit une
caméra et des instruments. Tous les gestes opératoires
seront ensuite visualisés sur un écran.
- Le prélèvement
ganglionnaire est effectué en premier (s'il est nécessaire).
- L'ablation de la prostate
est réalisée d'une façon différente car
le chirurgien ne peut travailler que dans l'axe de la caméra
et de ses instruments. Ainsi, la libération des vésicules
séminales qui est le dernier geste de l'opération à
ciel ouvert, devient ici le premier temps opératoire. Lorsque
la prostate est complètement libérée, elle est
alors retirée par un des orifices utilisés pour le passage
des instruments en élargissant de plusieurs centimètres
la cicatrice pour pouvoir sortir l'organe. La vessie est ensuite recousue
de la même façon à l'urètre.
- Comme dans l'intervention
classique, un drain est également mis en place pendant quelques
jours et ressort à travers la peau, de même il existe
une sonde vésicale qui est conservée pendant quelques
jours.
La durée opératoire
de cette intervention est en règle plus longue : de trois à
quatre heures et parfois beaucoup plus.
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AVANTAGES ET INCONVENIENTS
DES DEUX TECHNIQUES :
QUE FAUT-IL CHOISIR ? |
- la Prostatectomie radicaleRétro-Pubienne
:
Avantages techniques
L'atout majeur de cette technique
est la précision de l'acte opératoire.
L'ouverture cutanée permet au chirurgien de modifier, à
sa convenance et à tout moment, l'exposition de la prostate pour
faciliter les temps de dissection les plus délicats : qu'il s'agisse
de la section urétrale ou de la préservation des nerfs
érecteurs.
L'extrême finesse des instruments utilisés pour ce temps
opératoire autorise maintenant une technique sûre et reproductible
chez tous les patients.
Inconvénients
techniques
L'incision cutanée
et musculaire est un peu plus sensible dans le post opératoire
et nécessite une convalescence de trois semaines après
l'opération.
- La Prostatectomie Coelioscopique
:
Avantages techniques
L'hyperpression gazeuse de
l'abdomen, associée au fort grossissement de la caméra
facilite le travail du chirurgien autorisant un geste précis
pour certains temps opératoires : c'est le cas pour la dissection
des vésicules séminales et la libération des faces
latérales de la prostate.
Les cicatrices sont de plus
petites tailles que celles de la chirurgie conventionnelle, la convalescence
est donc un peu plus courte.
Inconvénients
techniques
La voie coelioscopique impose
des contraintes importantes au chirurgien qui vont s'ajouter aux difficultés
spécifiques de l'opération. Ainsi l'opérateur ne
peut travailler que dans l'axe de la caméra. Pour les temps opératoires
délicats, il n'a pas la possibilité d'exposer la prostate
sous son meilleur angle de dissection, comme à "ciel ouvert".
C'est le cas pour deux temps
opératoires importants : l'évaluation des limites entre
sphincter et glande prostatique et surtout celle entre lames nerveuses
et capsule prostatique. Cette incertitude de dissection, indépendante
de l'opérateur, est la vraie difficulté de la prostatectomie
coelioscopique.
Par ailleurs, les durées opératoires sont beaucoup plus
longues : la moyenne est de trois à quatre heures mais cela peut
aller jusqu'à sept et huit heures.
Les urologues ont des avis
très partagés sur l'intérêt de ces deux techniques.
: voici pourquoi.
La prostatectomie coelioscopique
est une intervention récente réalisée pour la première
fois en 1997. Au début de leur expérience, les auteurs
de cette technique avaient mis en avant l'amélioration du confort
postopératoire des patients et une récupération
plus rapide de la continence et de la fonction érectile par rapport
à la chirurgie classique.
Après trois ans de
recul, il est maintenant possible d'analyser les différentes
publications des équipes qui ont développé cette
technique et faire une synthèse de ce qui ressort de tous ces
travaux.
| la
clioscopie majore considérablement la difficulté
de la prostatectomie radicale |
C'est de loin le premier
élément qui est développé dans toutes les
communications scientifiques. Cette difficulté opératoire
se traduit par :
Pour certaines, favorables
à la clioscopie, c'est le reflet de la courbe d'apprentissage
des chirurgiens.
En effet, les durées
opératoires et le taux de complications diminuent avec l'expérience.
A plus long terme, la clioscopie devrait obtenir les même
résultats que la chirurgie à ciel ouvert et notamment
sur le plan sexuel.
Pouvoir retirer la prostate en faisant le minimum de cicatrice est
le challenge technique qu'il faut développer.
Pour d'autres équipes
ces résultats définissent au contraire les limites
de la clioscopie.
En effet, plus la difficulté
opératoire grandit et plus on majore le risque de marge positive,
quelque soit l'expérience de l'opérateur.
Aussi, pour diminuer simplement la taille de la cicatrice, est-il
souhaitable de majorer un tel risque dont les conséquences
peuvent hypothéquer les chances de guérison ? Le but
de la prostatectomie radicale est avant tout d'assurer l'ablation
complète de la tumeur.
Dès lors, les options
techniques des chirurgiens divergent en fonction de leurs choix prioritaires
:
Pour les équipes
opérant à ciel ouvert :
L'objectif principal est
de concentrer tous les efforts techniques sur trois points :
- réduction du taux
des marges positives
- amélioration des
résultats sur la continence
- amélioration des
résultats sur la sexualité.
La priorité est de
pouvoir opérer dans les meilleurs conditions techniques. La cicatrice
n'est pas prise en compte.
Pour les équipes
opérant sous clioscopie :
L'objectif est mixte :
- Obtenir les mêmes
résultats qu'à ciel ouvert en ce qui concerne le taux
de marges positives, la qualité de la continence ou de la sexualité
;
- Diminuer la taille de
la cicatrice et améliorer le confort post-opératoire
immédiat.
Le risque supplémentaire
de la dissection par voie coelioscopique n'est pas prise en compte. |