Le chirurgien a le choix entre deux techniques différentes : conserver ou non les nerfs de l'érection.

La Préservation des nerfs érecteurs

Elle dépend essentiellement du stade du cancer et de la sexualité préalable du patient.

  • Le stade du cancer :
    Les nerfs érecteurs, microscopiques, sont situés à quelques millimètres des deux bords latéraux droit et gauche de la glande prostatique, ils sont entourés de tissus où il y a des petites veines et artères.


Pour conserver ces rameaux nerveux, le chirurgien doit passer très près de la glande, à environ 3 à 4 mm. Cela ne peut donc être réalisé que si le cancer est de petit volume et qu'il n'y a aucun risque de franchissement capsulaire.


Pour bien comprendre, voici quelques exemples de décision opératoire :

  • Lorsque le cancer atteint la totalité d'un lobe avec une forte probabilité d'extension hors de la capsule et que l'autre côté est sain, on réalisera une préservation uniquement sur le côté sain.
  • Lorsque le cancer est de volume intermédiaire et qu'il est au contact de la capsule, ce qui est peut être le cas le plus fréquent, la préservation nerveuse des deux cotés restera possible, surtout chez un homme jeune, mais en revanche elle imposera alors une technique opératoire très précise pour éviter tout risque de marge positive.

Il faut donc avant l'intervention apprécier avec le plus de précision possible les risques d'envahissement local. Une synthèse de ces paramètres permettra de définir la conduite à tenir pour chaque cas :

  • Préservation Nerveuse possible ou contre-indiquée,
  • Bilatérale ou unilatérale.
    Toutefois, cette décision, ne se prendra que sur un faisceau de présomption, mais jamais sur une certitude de l'envahissement local.



Il peut y avoir dans des circonstances assez rares des impératifs qui, au moment de l'intervention, amèneront le chirurgien à modifier l'attitude proposée en pré-opératoire.
C'est le cas des patients qui ont été opéré au préalable d'un adénome prostatique bénin. La résection endoscopique de la prostate (c'est l'opération de la prostate par voie naturelle) peut créer des adhérences qui fixent en quelque sorte les nerfs érecteurs à la capsule prostatique. Il y a donc un risque en conservant les nerfs de créer des marges positives dans le cancer
Dans de telles circonstances, le chirurgien décide souvent de ne pas faire de préservation nerveuse mais en ayant toujours prévenu, au préalable, le patient de cette possibilité.


La sexualité du patient :


Malgré une préservation réalisée des deux côtés dans d'excellentes conditions, il y a une fois sur deux un petit fléchissement de la qualité des érections ultérieures, aussi les meilleurs résultats seront ils obtenus chez les personnes ayant au préalable des érections avec une rigidité strictement normale

Chez ceux qui ont des problèmes d'érection depuis quelques temps avec parfois des "pannes" sexuelles, le résultat sera beaucoup plus aléatoire. Il faudra dans ces cas là bien réfléchir sur l'intérêt de la préservation nerveuse par rapport à ses risques propres.

Il faut donc apprécier pour chaque personne la qualité des érections, la fréquence des rapports sexuels, mais aussi l'intérêt général qui est porté à la sexualité.

Au terme de ce bilan évaluant le stade du cancer et vos désirs de conserver ou non une fonction érectile, la technique opératoire sera choisie.

 

les résultats :

Dans la littérature internationale les meilleurs pourcentages de réussite (c'est-à-dire la reprise des rapports sexuels) publiés par les équipes chirurgicales, vont de 68 % à 80 % en fonction de l'expérience de ces équipes.

Après l'intervention, il existera pendant de longs mois une paralysie de ces nerfs qui récupérera progressivement entre 12 et 18 mois. Ainsi pendant les trois premiers mois de l'opération, il n'y a habituellement aucune érection.
Toutefois le plaisir sexuel demeure, l'orgasme est différent mais toujours considéré par le patient comme agréable. Au moment de l'orgasme il n'y a plus d'éjaculation puisque les vésicules séminales ont été retirées. La stérilité est donc constante.

A partir de trois mois mais cela peut-être plus long, on constate l'apparition de la tumescence, c'est-à-dire le simple grossissement de la verge avec un allongement progressif mais sans rigidité. Cette tumescence va progressivement augmenter dans les mois qui vont suivre, vers six mois à un an, on voit réapparaître le début de la rigidité, mais elle est très inconstante et ne peut survenir qu'une seule fois pendant plusieurs semaines. A partir de douze mois et jusqu'à dix-huit mois, l'évolution va se faire plus favorablement avec des érections plus rigides et une durée qui va augmenter dans le temps.

L'ablation des nerfs érecteurs

Elle est réalisée chez les patients qui n'ont plus d'érection préopératoire ou pour lequel le cancer est trop évolué, le chirurgien réalisera une intervention en passant beaucoup plus à distance de la prostate afin de ne prendre aucun risque pour le cancer mais dans ces cas là les nerfs érecteurs sont irrémédiablement endommagés et les érections ultérieures "naturelles" (sans aide pharmacologique) ne seront plus possibles.


Il est possible de conserver une fonction érectile après Prostatectomie Radicale : le chirurgien conseillera sur le choix de la technique opératoire mais la décision finale appartient à chaque patient. Lorsque la décision est difficile, il faut se donner un délai de réflexion pour prendre le temps d'en discuter avec le ou la partenaire. Parfois ce qui paraît évident au moment de la consultation, l'est beaucoup moins à distance.

Il est possible de conserver une fonction érectile après Prostatectomie Radicale : le chirurgien conseillera sur le choix de la technique opératoire mais la décision finale appartient à chaque patient. Lorsque la décision est difficile, il faut se donner un délai de réflexion pour prendre le temps d'en discuter avec le ou la partenaire. Parfois ce qui paraît évident au moment de la consultation, l'est beaucoup moins à distance.